M.Chokri CHERIF

M.Chokri CHERIF

Assidûment chercheur de pertinence et de simplicité, signataire et créateur de logos emblématiques, exemplaire de régularité, créatif et rigoureux. Chokri CHERIF est l'un des maîtres du graphisme tunisien qui a su imposer une vision riche et réfléchie du graphisme contemporain.
Chokri CHERIF, le graphiste tunisien privilégié d’une formation Tuniso-Française traduit son amour à son métier, présente sa façon de travailler et importe sa vision de son domaine en Tunisie.

Parce que son expérience est précieuse et son verbe est essentiel, parce que ses créations sont d’une grande beauté et d’un aspect purement original; ses logos arrivent à être parmi les meilleurs dans le pays à savoir l’identité visuelle des jeux méditerranéens Tunis 2001, le logo de la Coupe d’Afrique des Nations de handball CAN 2005, le logo de TRANSTU …

Des logos adéquats, des travaux originaux, une acuité riche et des créations astucieuses, quelles étaient vos cadences vers la réussite ?
Mon amour de l’art s'est révélée dés mon enfance. Je me souviens bien de mes dessins et des coloriages des titres dans mes cahiers de récitations à l’école primaire. Le dessin a toujours été ma passion et mon compagnon pendant toutes mes années scolaires. Après l’obtention de mon baccalauréat en 1983, j’ai choisi de me spécialiser dans l’art. J’ai obtenu ma maîtrise en arts graphiques de l’Ecole des Beaux-arts de Tunis “ITAAUT” . Ensuite, n’ayant pas eu l’ambition de me lancer dans des études théoriques de troisième cycle, j’ai préféré continuer ma formation à Paris, où j’ai eu le diplôme de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs “ENSAD” dans la communication visuelle .
La formation académique et le professionnalisme que j’ai eu de la chance d’avoir dans cette école et auprès de grands maîtres de renommées internationales comme :le graphiste suisse JEAN WIDDEMER et le célèbre typographe Albert Botton, m’ont beaucoup aidé par la suite dans ma vie professionnelle. Finalement, j’ai préféré retourner en Tunisie pour exploiter tout ce que j’ai acquis comme expérience pendant mes dix ans de vie parisienne.
Comment procédez-vous quant à votre travail ?
La création est le meilleur et le plus difficile métier du monde. C’est un don qui se développe par l’expérience et le travail acharné. Chaque conception d’un logo est un accouchement. En fait, comprendre le sujet est la première tâche à accomplir dans mon travail, ensuite c’est la documentation au sein du sujet à aborder. J’obéis à toutes les étapes classiques de la conception graphique. L’élément de l’originalité et de la simplicité est fondamental.
Je cherche toujours la meilleure façon d’émettre le message et je veille à ce qu’il soit compréhensible par tous. Dans l’étape de la conception, je teste souvent mes symboles sur plusieurs personnes. Ma petite Samara de 4 ans est la première à me donner son avis sur les premiers essais. C’est très important de savoir le degré de compréhension d’un symbole avant de le choisir et le développer.
À la présentation de mes créations, je propose à mes clients toutes mes recherches, même celles qui n’aboutissent pas, c’est des dizaines de présentations graphiques numérotées et affichées avec un diaporama... J’essaye en même temps de les guider vers les bonnes solutions graphiques dans leur choix final.
Je considère le logo comme étant un panneau routier et le conducteur n’a que quelques secondes pour le lire et le comprendre. Un logo doit être porteur de message traduit par des formes simples et de belles couleurs et surtout porteur d’un message : c’est l’ambassadeur de la marque.
L’aspect dégradé des couleurs est incorporé dans vos travaux, pourtant l’école classique retient cette manipulation et s’acharne à l’usage de trois couleurs uniquement. Comment justifiez-vous votre démarche ?
Il est vrai que l’école de base du graphisme soustrait par exemple l’utilisation du dégradé ou l’ombrage et limite le nombre de couleurs utilisées dans un logo. Certainement les moyens techniques de reproduction et même le coût étaient pour quelques choses. Aujourd’hui, tout est possible, nous disposons de beaucoup plus de moyens techniques et nous vivons dans un monde de la communication et de l’image et il n’y a plus de limite. Le plus important c’est de séduire, d’innover , de créer et de satisfaire le client .. Le meilleur exemple qui illustre cette nouvelle tendance, c’est le nouveau logo de Gaz de France ou de la SNCF (France).
Comment évaluez-vous le marché publicitaire en Tunisie ?
Le marché tunisien est un petit marché dans lequel la concurrence est enflammée. Les agences publicitaires et de communication sont la plupart du temps polyvalentes. Elles travaillent dans toutes les disciplines et pour tous les supports médiatiques.
Ce comportement peut nuire aux marchés et à la création même. Il faut que chacun utilise son savoir faire dans son domaine et s’oriente vers ce qu’il sait faire de mieux pour le bien de ce métier. De mon côté, ayant une formation de graphiste, je ne fais que du graphisme, je n’établis ni plan médias ni plan marketing.Le monde de la pub et du design est si vaste qu’on ne peut pas tout savoir et tout réussir!.

Contact : chokri.cherif@planet.tn

              Y. Ben Chikha